Joseph aura 3 ans au ciel d’où il nous ouvrira les portes

Témoignage du Père Jean Baptiste EDART

Carte blanche sur RCF Anjou

Joseph est mort dimanche matin dernier alors qu’il allait bientôt avoir trois ans. Atteint d’une maladie orpheline, son cœur n’aura pas supporté des convulsions conséquentes de cette pathologie. Ce petit Joseph était le fils d’un couple de la communauté catholique à laquelle j’appartiens, la communauté de l’Emmanuel.

Appelé par la sœur du père à 3h15 alors qu’on ne savait pas encore si les secours réussiraient à réanimer l’enfant, je n’ai pas pu me rendre chez eux étant loin d’Angers cette nuit-là. Je n’ai pu les rejoindre que le dimanche après-midi pour prier avec eux et, tout simplement, être avec eux.

J’eus alors la joie profonde de découvrir que, dès quatre heures du matin, des membres de ma communauté étaient venus chez eux pour les soutenir dans ce drame, d’autres pères et mères qui avaient quitté leur confort et leurs enfants pour entourer ceux que le malheur venait de frapper. Depuis ce moment-là jusqu’à la sépulture qui eut lieu mardi après-midi, cette famille n’est jamais restée seule. Des membres de leur communauté se sont relayés jours et nuits auprès du corps de l’enfant pour veiller celui-ci.

D’autres sont venus faire la cuisine, prendre en charge leurs six autres enfants. Ce sont ainsi plus de quarante personnes qui se sont relayées durant ces trois jours pour prendre soin de leur frère et de leur sœur dans le deuil.
Dans cette souffrance, la beauté de l’appartenance à une communauté est devenue pour moi une évidence. Combien de personnes restent seules à l’heure du deuil ! La souffrance fait peur, et une des premières réactions face à des personnes qui souffrent est de se tenir à l’écart. Rien de tel ici. Nous avons pleuré avec cette famille, nous avons prié, nous avons partagé leurs repas. A l’heure où les communautés virtuelles abondent, la mort du petit Joseph m’a permis de toucher du doigt la grâce de pouvoir appartenir à une communauté où la charité n’est pas un vain mot et s’incarne dans une attention concrète au frère qui souffre.

Ce soir je rends grâce à Dieu d’appartenir à cette communauté.

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Publié par

Dr Baron

docteur en pharmacie spécialisée en education thérapeutique des patients en maladies chroniques et maladies rares

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